In vitro : projet dessiné d'une ethnographie de laboratoire
Sur le grand tableau noir du hall de l'IRS-UN, un ou une scientifique et son équipe présentent un projet de recherche innovant ou un fait scientifique important de manière vulgarisée.
Jérémy Segard, doctorant au laboratoire INCIT (Immunologie et Nouveaux Concepts en Immunothérapie) et au laboratoire CRENAU-AAU (Ambiances, Architectures, Urbanités) a répondu à l'invitation de la Structure Fédérative de Recherche Bonamy pour présenter son projet de recherche.
Ce O’Tablo est envisagé comme un espace expérimental visant à rendre visible ce que François Jacob nomme une "science de nuit". Cette dernière se définit par les gestes expérimentaux pratiqués quotidiennement au laboratoire par les chercheurs.
C'est l'espace où toutes les questions sont encore ouvertes et où les
choses n’ont pas encore de relations claires entre elles. Ces moments
évolueront, dans une lecture rétrospective de ce qui a été vécu, vers la
"science de jour" qui s'exprime par une pensée claire et articulée tel
que l'incarne la publication scientifique.
Ici, nous regardons comment les cellules immunitaires entrent et
vivent au laboratoire, couplées aux cellules tumorales dans un devenir
commun afin de développer des immunothérapies. Ces dernières peuvent
exister, depuis plus d'un siècle, grâce aux innovations successives de
la culture cellulaire. Cette discipline a évolué en grande partie grâce
aux expériences sensibles des scientifiques qui ont contribué à la
possibilité de faire vivre des tissus et des cellules loin de
l'organisme d'origine vers des processus de vie in vitro. Les
corps des scientifiques sont dans ce processus pris dans une dynamique
du vivant, c'est-à-dire que l'expérience qu'iels éprouvent n'est pas
cantonnée à une expérience professionnelle, elle y participe et la
dépasse en les engageant dans des processus de vie. Ces moments de vie
s'éclipsent lorsque la science de nuit devient science de jour.
Le dessin de ce O’Tablo mêlera textes et formes, citations et perceptions. Telle une skiagraphia, une écriture des ombres, le dessin évoluera pour rende visible le quotidien du laboratoire en tentant de le saisir, entre autres en le mimant. Espace ambigu de l'expérience de recherche, il évoquera et ne cherchera pas à répondre à une question précise. Il se laisse la possibilité d'errer à l'aveugle, encore une fois, en mimant la dynamique du laboratoire comme lieu d'expression de la "science de nuit".

De 09:00 à 16:30
