Des faux-amis : quelques problèmes de traduction de l’anglais au français en astronomie
Publié par TACTISS, le 13 janvier 2026
Dans le cadre du festival d'astronomie "De la Terre aux étoiles", nous vous proposons une série d'articles en lien avec la thématique : Regards
Article rédigé par Colette Le Lay et Ludivine Vendé

Quand on apprend une langue, on découvre toujours ce qu’on appelle les « faux-amis ». Des mots, identiques à ceux de notre langue, mais qui n’ont malheureusement pas le même sens. L’astronomie n’est pas épargnée, ce qui peut poser des problèmes de compréhension.
Voici donc quelques exemples de faux-amis dans la traduction anglais- français.
1 - Le « Quadrant » anglais correspond au « Quart de cercle » français

Quart de cercle de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert (volume V des planches, 1767)
Lorsqu’un texte anglais comportant le mot « quadrant » est traduit, il convient de s’interroger s’il ne fait pas référence au « quart de cercle ». Le quart de cercle fixe, instrument de taille respectable que les Anglais appellent « quadrant », est l’outil d’observation indispensable de l’astronome du XVIIe et XVIIIe siècle.
En français, le mot « quadrant » désigne un instrument bien plus petit, pouvant être tenu à la main, doté de plusieurs graduations en fonction des usages. Le quadrant ancien ci-dessous permet, entre autres, de déterminer la hauteur de l’étoile Polaire mais aussi de trouver le cosinus ou le sinus d’un angle, ou d’évaluer une distance inaccessible.

Quadrants anciens réalisés et photographiés par l'association Méridienne
2 - Les Anglo-Saxons utilisent le mot « telescope » pour les télescopes et les lunettes
En français, nous avons deux mots différents pour les instruments à réfraction (lunettes) et les instruments à réflexion (télescopes). Les premières ne comportent que des lentilles, les seconds ont un miroir. Mais en anglais, les deux s’appellent « telescope ». Certains textes précisent « reflector telescope/refractor telescope » mais ce n’est pas toujours le cas. Lorsqu’on traduit « telescope » en français, on doit toujours se demander s’il s’agit d’une lunette ou d’un télescope. Par exemple, Galilée avait construit une lunette. La première observation de la planète Neptune se fit à l’aide d’une lunette.

Les lunettes de Galilée au musée de Florence - CC BY-SA 3.0 - Fichier:Galileo galilei, telescopi del 1609-10 ca..JPG

Réplique du télescope de Newton, Science Museum, Londres - Crédit image : Science Museum Group. Isaac Newton’s Reflecting Telescope (replica). 1924-209 Science Museum Group Collection Online. Accessed 9 January 2026. https://collection.sciencemuse....
3 - En français, on parle de « passage » d’une planète devant le Soleil
Depuis le XVIIe siècle, les passages de Mercure ou Vénus devant le Soleil sont des phénomènes scrutés par les astronomes. Tous les textes de l’époque évoquent bien des « passages ». Les Anglo-Saxons utilisent le mot « transit » qui a gagné la bataille et s’est imposé en France aujourd’hui. Lorsque l’on cherche trace de ces phénomènes dans l’histoire, le terme « passage » est préférable.
https://patrimonia.nantes.fr/h...

Figure du passage de Venus sur le disque du soleil qu'on observera le 3. juin 1769 - Source gallica.bnf.fr / BnF
4 - Le mot « almanac » anglais n’a pas la connotation de l’homologue « almanach » français
L’almanach, publication annuelle, donnant un calendrier complété par les levers et couchers du Soleil et de la Lune, entre autres, avait mauvaise presse au siècle des Lumières. Diffusé par les colporteurs, il comportait souvent des contenus astrologiques. Aussi les tables astronomiques françaises préférèrent le vocable « éphémérides ». Dans le même temps paraissait le Nautical Almanac britannique puis son homologue américain, le mot anglais n’ayant pas la connotation astrologique.
Almanach Le grad messager boiteux" Source gallica.bnf.fr / BnF
